Cogitamus : six lettres sur les humanités scientifiques

À l'automne 2009, une étudiante allemande fait
part à Bruno Latour de son désarroi devant les disputes
qui font rage avant le sommet de Copenhague sur le
climat. Il lui signale l'existence d'un enseignement qui
porte justement sur les liens multiformes entre les
sciences, la politique et la nature. Pour diverses raisons,
l'étudiante ne peut pas suivre le cours que le professeur
est obligé de lui résumer en six lettres. Au fil de l'actualité
que l'étudiante suit de son côté en tenant son «journal
de bord», voilà qu'elle découvre peu à peu comment
se repérer dans ces imbroglios créés par le développement
même des sciences et des techniques.
D'Archimède à Avatar , c'est l'occasion pour le lecteur
d'un époustouflant galop dans ce domaine étrange
des «humanités scientifiques». Si la nature est entrée en
politique, il faut bien que les sciences et les techniques
fassent partie de ce qu'on appelait autrefois les «humanités».
Bruno Latour montre pourquoi il est impossible
d'aborder les crises écologiques sans comprendre le
caractère collectif et concret de l'acte de penser et de
prouver. D'où le passage du «cogito», «je pense», cher
à Descartes à ce «cogitamus», «nous pensons», parce
que «c'est grâce au fait que nous sommes nombreux,
soutenus, institués, instrumentés que nous accédons
au vrai».
Écrit dans un style alerte, véritable plaidoyer pour la
«culture scientifique», ce bref ouvrage offre la meilleure
introduction pour un large public aux recherches d'un
auteur traduit, étudié et commenté dans le monde
entier.