La ravine

Sources
Qui engloutit
De son rêve épars
La nudité blanche
Silence absolu
Gorgé de possibilités vivantes
Ventre sans tain du jour
Présence consentie
Ombre intime
Forme palpable où je m'enfonce
Qui me recueille (...)
Le langage poétique dissout cette image toute faite nommée réel. Les mots ne comblent pas cet espace laissé vierge, mais le rendent disponible à la rencontre. Quand la trace de l'outil l'habite, le blanc de la page se fait corps, paysage et ravine ; le geste devient souffle. Par cette béance, une source jaillit, disparaît, laissant à nu le sillon creusé par le passage des mots, source tendue dans sa course pour éprouver son existence même et sa résurgence.
« Une voix se retient ; du même grain un chemin se dessine en silence. Le lecteur voit passer Catherine Lemire et Philip Doherty sans que le blanc ne se brise. D'occident en orient le blanc du papier et le noir de l'encre composent une musique unique et qui cependant se partage. »
Andoche Praudel