Les maîtres de la Cité pourpre

Dans le livre précédent, Entre les neuf bouches du dragon , Gia
Long, en 1802, devient empereur grâce à l'aide française. Son
fils Minh Mang, qui lui succède, déteste les étrangers et surtout
les missionnaires. Il applique la politique de «la porte close»
et accentue les persécutions contre les chrétiens jugés source de
tous les maux.
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Bien ! Nous avons dans nos geôles des bandits qui ont
comploté pour me renverser et porter atteinte à la dynastie. Ils
ont été condamnés à mort par le tribunal. Que la sentence soit
exécutée sans délai, dit Minh Mang.
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Oui, Votre Majesté, il sera fait selon votre volonté.
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N'oubliez pas : le Chinois sera décapité et le missionnaire
mourra de mort lente. Je veux que les exécutions soient publiques
afin que nos sujets apprennent quelle sorte de gens sont les
chrétiens. Allez maintenant ! Que tout soit prêt pour demain à
l'aube.
Le ministre de l'Intérieur pensa que l'empereur était bien
pressé de voir mourir les condamnés. Et lui, il n'avait pas assez
de toute une après-midi pour tout préparer.
À Cay Mon, la famille Võ sentait bien que cette politique amènerait
la France à réagir. À la cour, justement, on pressait Napoléon III
d'intervenir. Les amiraux-gouverneurs allaient entrer en scène.