Marie Talabot : une Aveyronnaise dans le tourbillon du XIXe siècle

Née en 1822, Marie-Anne Savy, partie de rien, devient
l'une des femmes les plus riches et les plus connues de la
France du Second Empire. Elle connaît l'orphelinat, puis
l'usine. En 1837, elle quitte l'Aveyron pour le Midi.
D'abord sa domestique, elle épouse Paulin Talabot,
ingénieur visionnaire à l'origine de l'arrivée du chemin de
fer en France. À Paris, elle fait de leur salon de la rue de
Rivoli un lieu de rencontres où se croiseront Eiffel,
Stephenson, Delacroix, Henner, Laurens ou Gavarni...
Personnage au grand coeur, audacieuse et déterminée, pour
les uns, parvenue et courtisane pour les autres, Marie
Talabot intrigue et provoque toujours, fidèle à ce qu'elle
fut de son vivant. !
« Vous ne voulez pas me voir vivante, je vous
dominerai après ma mort ! »
Tant pour elle que pour son époux, Marie était au fait de
la mode d'alors. Elle portait volontiers ces immenses crinolines,
associées à un corset souple et très échancré,
symboles même de la nouvelle société éprise de faste et
d'abondance. Elle riait de l'ampleur de ces robes qui
donnaient certes une superbe silhouette, mais qui ennuyait
quelque peu les messieurs par leur respectable volume :
ceux-ci devaient naturellement conserver une certaine
distance, car l'on employait facilement trente mètres de
tissu pour confectionner une crinoline de trois mètres de
diamètre !