Lanterne rouge

Un matin d'automne parisien, Donald achète un chapeau
neuf et une bicyclette d'occasion. Du canal de l'Ourcq jusqu'aux
monts de Flandre, attiré par le Nord comme la limaille
par l'aimant, démarre un étrange road-movie sur deux roues.
Dans sa besace, peu de choses, sinon l'urne funéraire de Malika,
sa compagne trop tôt disparue, dont il s'est juré d'aller disperser
les cendres à la frontière belge.
En queue du peloton de l'existence, de monastère en
palace, de karaoké en peep-show, d'écluse en champ de colza,
la Lanterne rouge trace la route à son rythme engourdi. Sur
le pavé et dans la boue, à vélo, à vau-l'eau, perclus d'amour
et de rhumatismes, selon le légendaire parcours de Paris-Roubaix,
Donald ira jusqu'au bout de sa promesse. Si la balade
vire parfois au cauchemar, le voyageur montre, à l'exemple
d'Antoine Blondin, que «l'on peut arriver premier dans un état
second».
À chaque tour de roue, cahote un récit tendre, buissonnier,
attachant, dont la manière tragi-comique et le ton jubilatoire
gardent leurs inconditionnels.