Ils ont éclairé mon chemin : mes 50 écrivains de chevet

Peu d'écrivains ont entretenu une amitié aussi entière avec
les livres, de Blondin ou Nabokov, Céline ou Zola, Calet ou
Suarès. Pour entrer dans cette fraternité, il suffisait comme Louis
Nucéra de rejeter «le frelaté, le fabriqué, les paradoxes oiseux»
et d'avouer la même «haine des imposteurs». On devenait alors
digne des Boudard, Cocteau, Fallet, Hardellet, Joseph Kessel ou
Jacques Perret, dont la conversation prolongeait les oeuvres.
Tout au long de sa vie, lisant au lieu de dormir, l'auteur d' Avenue
des Diables-Bleus a payé en nature ses dettes aux écrivains qu'il
aimait. Esprits libres comme Marcel Aymé, Emmanuel Berl,
Emil Cioran, Paul Léautaud. Maudits et autodidactes tels que
Guérin, Perros, Norge, Caraco ou Jean Gaulmier, qu'il n'aura eu
de cesse d'extraire de leur purgatoire... sans doute parce qu'il
savait que sa mort l'enverrait rejoindre le peuple des oubliés.
Voici la bibliothèque idéale de Louis Nucéra : cinquante portraits
sensibles, autant d'exercices de sympathie, les nouveaux ports
d'attache d'un «dégustateur d'âmes».