Refuser le malheur des hommes : les 30 ans de Médecins du monde

Refuser le malheur des hommes et donner vingt-cinq ans
de sa vie à Médecins du Monde... C'est le choix qu'a fait
Michel Brugière quand, las de la médecine de campagne, de
la politique locale et de l'élevage de chèvres dans le Cantal,
désespéré de la vacuité des choses et de son avenir qu'il
voyait comme un livre bien construit, il décide de «monter»
à Paris et de s'engager à Médecins du Monde.
Parti pour une mission de six mois à Bamako, il y restera
quatre ans. Suivront le Liberia, la Tanzanie, l'Afrique du Sud,
le Cambodge, l'Angola, le Kosovo... autant de lieux de conflits,
de famines, de pénuries, d'épidémies. Rapidement membre
des instances dirigeantes de l'association, Michel Brugière
sait et raconte mieux que tout autre les trente ans d'existence
de Médecins du Monde.
Il y a eu des polémiques, des stigmatisations... oui, mais
il y a surtout eu des vies sauvées par milliers, des médecins
formés dans des territoires oubliés de tous, des épidémies
endiguées, des hommes, des femmes, des enfants soldats
de 10 ans et des affamés par centaines, des rencontres.
Passé, présent, et un avenir qu'il voit se profiler avec
appréhension : Michel Brugière dit tout sur son engagement
et celui que sera, il le sait, celui de ses successeurs.