Ribérou : bailliage royal et port de mer

La promenade est paisible aujourd'hui, sur les quais du port de Ribérou. Pourtant, si l'on
observe les façades cossues, les équipements portuaires, on pressent qu'il n'en fut pas
toujours ainsi. Dès le XII<sup>e</sup> siècle, c'est à Ribérou, port de commerce actif entre Seudre et Atlantique,
que bat le coeur du bailliage. Des navires, certains de plus de 100 tonneaux, chargent
et déchargent le sel, les céréales, le bois, les sardines, plus tard le charbon ou les tuiles.
Sur les quais, les négociants traitent avec les propriétaires et maîtres de navire, les matelots
s'embarquent, les avitailleurs calculent les rations des équipages. Il est même institué une
«compagnie des compteuses de sardines» pour faire cesser les réclamations. Ce commerce
déclenche évidemment taxes, coutumes et droits divers que les contrôleurs veillent à faire
entrer dans les caisses. Cette formidable activité cède néanmoins progressivement à la fin
du XIX<sup>e</sup> siècle devant l'inexorable envasement du port et les nouveaux modes de transport.
Ribérou n'en perd pas son âme pour autant. Les commerçants et artisans s'y installent, ainsi
que quelques personnages hauts en couleur. Aujourd'hui, les Saujonnais s'y retrouvent pour
la pratique du nautisme, les fêtes, les balades ou la pêche. Le lieu garde un charme fou, grâce
à son histoire, qu'il est urgent de découvrir.