L'expérience du roman : lecture et mise en abyme chez Melville, Faulkner et Welles

À l'heure où la critique du storytelling bat son plein, où l'on
nous met en garde contre les pratiques de fictionnalisation du réel à
des fins politiques et idéologiques, il n'est sans doute pas inutile de
revenir sur l'impact des représentations de l'acte de raconter telles
qu'elles peuvent apparaître au sein de la fiction.
Qu'elles soient manifestes comme dans le film de Welles Une
histoire immortelle , ou bien discrètes comme dans la nouvelle de
Melville Bartleby , ou dans Le Bruit et la fureur relu au travers de
cet autre roman de Faulkner qu'est Absalon, Absalon ! , les multiples
modalités de la mise en abyme déterminent toujours notre lecture.
Loin de refermer l'oeuvre sur elle-même, le récit spéculaire nous
permet de faire une expérience réelle du roman. Car, ce que l'on
considère comme un procédé parmi d'autres existe en puissance
dans tous les textes et constitue ainsi le plus parfait instrument de
lecture.