Démocratie : lettre ouverte à l'Académie française : à l'occasion de l'année de la culture de la paix, Unesco 2000

Au seuil du siècle naissant, quels sens communs la langue française
reconnaît-elle au mot démocratie ? Quelles définitions en proposent les
dictionnaires usuels ? Au moment de nommer la démocratie, peut-on
prétendre à une innocence linguistique ? Peut-on porter aux yeux du
monde une définition en forme d'impasse ? Traverser l'Histoire sans en
connaître ? Ne prendre la mesure ni des faits, ni des actes ? Oublier le
poids et le prix de l'expérience ? Perdre de vue l'inspiration profonde qui
conduit les sociétés et les êtres humains à s'affranchir des ténèbres et
des chaînes, de la tyrannie et de l'oppression ?
Démocratie ? Vingt lignes sur deux mille cinq cents pages. Sans
référence aux droits de l'Homme. En l'an 2000, la déclaration française
de 1789 et la déclaration universelle de 1948 ne participent-elles pas
d'une définition du fait démocratique ? N'y
produisent-elles pas de sens ?
Le débat sur le sens de la langue ouvre un
débat sur le patrimoine et l'avenir de la
construction démocratique.