Pour une réinsertion politique, culturelle et éthique de l'Afrique dans un monde globalisé

Pourquoi l'Afrique doit-elle s'unir et s'intégrer ? En analysant
certains paramètres, nous nous rendons compte de l'existence
d'un destin commun aux Etats africains et de la nécessité de travailler
pour son «a-venue». Le cadre politique demeure le lieu
averti de la coordination de cette conscience historique, de
l'intégration des concepts dans la réalité et de la restructuration
du renouveau culturel. Mais ce processus n'est possible qu'avec
l'éclaircissement du rapport entre tradition et modernité, à
l'intérieur d'une dynamique de réinsertion intégrante.
Si l'installation en Afrique d'Etats forts (conduits par des gouvernements
démocratiquement élus) garantit la stabilité et
l'ordre public, le travail d'émancipation peut continuer sans
obstacles. En fait, aucune reconstruction, même dotée de
moyens financiers puissants, n'est possible sans la stabilité et
l'ordre public. Ce qui exige l'organisation d'une armée disciplinée
et formée à l'éthique militaire, une lecture à la fois globale
et locale de la notion d'Etat, une volonté politique déterminée
à défendre le patriotisme et le bien commun.
Par ailleurs, face à la globalisation, il nous semble plus rationnel
d'opter pour la constitution de grands ensembles régionaux que
pour l'Union africaine, qui tend à l'uniformité de style de vie, à
la manipulation des chefs politiques et à la bureaucratisation des
services centraux, sans effets remarquables au niveau local.
La logique de la réinsertion entend remédier à cette situation et
s'articule en trois moments : la réinsertion authentique et réceptive,
la réinsertion critique et la réinsertion intégrante.