Histoire institutionnelle, économique et financière : questions de méthode, XVIIe-XVIIIe siècles : journée d'études tenue à Ségur le 7 février 2002

Comment mettre en doute nos certitudes, comment suspendre
notre jugement lorsqu'on fait de l'histoire institutionnelle, économique
et financière ? Que sait-on, que peut-on savoir, compte
tenu de nos traditions et coutumes de travail, de notre capacité
de réflexion, mais aussi de l'état des archives, du niveau actuel
de notre savoir, de la force de nos convictions et de notre foi
aveuglante en la toute puissance explicative d'une science historique
qui serait source de vérité ? Que pourrait-on savoir, si l'on
osait mettre en doute nos connaissances et nos certitudes, si l'on
arrêtait de se prendre pour des «producteurs de logique», des
«logiciens du système», si l'on admettait que toutes nos explications
ne sont jamais que des approches plus ou moins probables
d'une réalité passée qui restera toujours inaccessible ? Et puis,
enfin, que ne veut-on pas savoir, qu'est-ce qui nous dérange dans
l'approche du passé ?
Quelques historiens éminents des institutions, de l'économie et
des finances ont accepté de réfléchir à ces questions, soit aux
méthodes de travail de cette forme particulière de l'histoire, et
d'élaborer une sorte de bilan de ses enjeux intellectuels.