Une brève destinée

<<Ils allèrent à la source ensemble, à travers les bouleaux. De chaque côté du sentier, Silja aperçut de hautes fleurs blanches telles qu'elle n'en avait encore jamais vu. Le sentier à flanc de coteau lui parut enchanté, un peu effrayant : comment n'avait-elle pas observé ces fleurs ?
- Elles viennent d'éclore, une pour chacun de nous... en voici une qui s'ouvre !
Elle se pencha pour regarder la fleur, sans la cueillir. Armas alla en chercher une loin du sentier, la tint à côté du visage de Silja et regarda. Le fin parfum de la julienne nocturne correspondait à l'expression de la jeune fille, qui montrait maintenant, après les premiers baisers de sa vie, une assurance espiègle. Elle prit la fleur et la porta droit devant elle, comme on le voit parfois sur les tableaux anciens.>>
Prix nobel de littérature, 1939