Modernités de l'Ancien Régime, 1750-1789

Modernités de l'Ancien Régime, 1750-1789

Modernités de l'Ancien Régime, 1750-1789
2012501 pagesISBN 9782753520370
Format: BrochéLangue : Français

On a trop souvent décrit les dernières décennies de l'Ancien Régime comme

l'impuissante et lente agonie d'un pouvoir et d'une société incapables de

se réformer. Certains contemporains eux-mêmes ont répandu l'idée d'une

dégénérescence de la monarchie, d'une incurie de l'État et d'élites crispées sur

leurs privilèges ou leurs préjugés.

Pourtant, les comportements démographiques évoluent de façon sensible,

révélant de profondes modifications des attitudes mentales. Dynamisme et modernité

caractérisent des secteurs importants de l'économie et de la vie sociale.

L'agriculture progresse lentement, mais en mille points ; le pays s'industrialise et

le grand commerce maritime atteint son apogée. Une proportion non négligeable

de la noblesse, voire du clergé, semble réellement imprégnée par le mouvement

des Lumières et s'implique d'ailleurs dans la modernisation de l'économie et

la diffusion des idées nouvelles. La société se passionne pour les découvertes

techniques et les audaces en tout genre.

Les idées nouvelles pénètrent largement l'administration, des intendances

jusqu'aux ministères et au pouvoir souverain lui-même. L'État tente de favoriser

et d'accompagner les évolutions économiques, notamment par des mesures

libéralisant la production et les échanges. La monarchie multiplie aussi les mises

en chantier de réformes, avec une réelle volonté de moderniser le royaume et

d'homogénéiser le territoire. Certaines aboutissent en grande partie (armée,

marine, statut des protestants) ; d'autres sont entravées (justice, fiscalité, assemblées

représentatives).

Mais si la Révolution introduit une rupture évidente, il convient aussi d'insister

sur les continuités indéniables et l'héritage recueilli. Beaucoup d'innovations que

les gouvernements révolutionnaires reprendront ultérieurement à leur compte

ont été, en fait, conçues et préparées dans la dernière période de l'Ancien Régime.

La Révolution, de 1789 à 1791, a souvent réalisé les projets que la monarchie avait

tentés ou rêvés, ce qui ne constitue pas le moindre des paradoxes.

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