Bleu bleu noir

C'est dans le monde de l'art que la renommée d'Aurelie Nemours ne
cesse de croître. En France et à l'étranger se multiplient les rétrospectives
de celle que les histoires de l'art du XX<sup>e</sup> siècle présentent comme
une figure majeure de l'abstraction géométrique.
En même temps, Aurelie Nemours n'a jamais cessé d'écrire. Longtemps,
la nuit, elle a pris des notes en marge de son travail de peintre. «Il y a
là, a-t-elle confié, un moment de conscience.»
Certaines de ces notes, qui ont souvent l'apparence de poèmes, ont été
reprises, comme une sorte de chemin parallèle à ce que l'artiste cherchait
en peinture. De rares livres en témoignent - ainsi que quelques
publications en revues ou dans des catalogues d'exposition.
Mais ce sont des inédits que rassemble Bleu bleu noir. Des textes écrits
au cours de ces dernières années, quand, sa vue ne lui permettant
plus de poursuivre sa recherche de peintre, Aurelie Nemours s'est
tournée exclusivement vers les mots.
Postface d'Emmanuel Guigon, conservateur en chef du musée d'Art
moderne et contemporain de Strasbourg.