Breker

Breker
Éditeur: Pardès
2002127 pagesISBN 9782867142765
Format: BrochéLangue : Français

Statuaire immense, au carrefour des cultures allemande, française et italienne, génial portraitiste, promu Sculpteur officiel du III<sup>e</sup> Reich, Arno Breker subit, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, un ostracisme de la part de l'historiographie dominante. Son œuvre, multiple et diversifiée, est aussi érigée à l'état de symbole, celui du classicisme européen.

«Au milieu des masses d'ombres, lui (David de Michel-Ange) seul s'érigeait, lumineux... C'était comme un appel mystique, comme un ordre. Oui, je compris, cette nuit-là, que j'en avais fini de travailler pour le commerce et les gens riches, de sculpter des objets faits pour passer vénalement de mains en mains, d'œuvrer pour des collectionneurs jaloux, et que ma vocation serait, vaille que vaille, de travailler pour l'art, pour la place publique, pour le peuple, pour tout le monde.»

Ainsi, l'œuvre d'Arno Breker, non conforme au «sens de l'histoire» - et, dans son sillage, toute la statuaire architecturale européenne, idéaliste et figurative - constituerait un affront au «Progrès». Elève de Charles Despiau, ami d'Aristide Maillol, admirateur d'Auguste Rodin et d'Adolf von Hildebrand, fasciné par Michel-Ange et Le Bernin, touché par Ingres et Canova, Arno Breker aurait commis l'irréparable choix : celui de ses architectes mêmes, Albert Speer, Wilhelm Kreis, Werner March. Cependant, le constat de la laideur des cités, le mépris du grand public et la contestation, de plus en plus évidente, d'une partie de l'intelligentsia pour les «valeurs» de l'art contemporain suffiront-ils à redonner une chance à la beauté ? L'être moderne, prisonnier de ses banales mesures, subit le matérialisme métaphysique, éphémère, muséal et mercantile. Il ne se satisfait visiblement pas des figures imposées...

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