Robert le Pieux : le roi de l'an mil

Fils unique du roi Hugues, surnommé plus tard Capet, et de la reine
Adélaïde de Poitiers, Robert, né vers 972, fut couronné dès 987,
quelques mois après son père, et régna seul à partir de 996 jusqu'en
1031. Il avait reçu pour cela, auprès de Gerbert de Reims, la
meilleure instruction du monde. Des abbés et des évêques, la plupart
reconnus comme saints, lui donnèrent d'excellents conseils.
Robert fut un prince guerrier, combattant ferme pour conserver la
Bourgogne. Il fut un homme amoureux, bravant l'adversité, et même
le pape, par passion pour sa seconde femme, Berthe de Blois, avant de
devoir l'écarter au profit de la terrible Constance d'Arles, dont il eut six
enfants. Il fut un esprit profondément religieux, poussant la dévotion
au-delà de ce qu'exigeait sa fonction royale, façon peut-être de
compenser par l'idéologie, face à l'autonomie agressive des seigneurs
grands et moins grands, sa relative faiblesse politique et matérielle. Il
fut aussi musicien et bâtisseur, et alluma en 1022 le premier bûcher
d'hérétiques, afin de mieux servir la paix et la justice de Dieu.
Comme ses contemporains, il passa l'an mil sans vraiment s'en
apercevoir. Lorsqu'il mourut quatre ans après avoir fait sacrer et
couronner son successeur Henri I<sup>er</sup>, la dynastie capétienne était désormais
solidement installée à la tête du royaume des Francs, qui entrait
avec vigueur dans une période d'expansion et de renouveau.
Entre Louis le Pieux et saint Louis, Robert le Pieux, malgré l'obscurité
qui l'entoure, ne fait pas mauvaise figure.