Sologne, pays d'images

Sélectionner deux cent et quelques photographies,
alors que deux mille ne sauraient
être de trop pour relater sommairement
la Sologne, voilà bien un exercice masochiste.
Demeure le pays immuable : les couleurs des
saisons, la lumière des sous-bois, la sérénité des
étangs, le cri du héron, le bruit des voliers de
canards, les grands raires des cerfs à l'automne,
l'aboiement du brocard dérangé au printemps,
les girolles dans la poêle, le cuissot de sanglier
dans le four, la bernache sur la table et des amis
autour... Seules ces choses qui n'ont pas de
prix sont inestimables. Tout le reste est vanité et
poursuite du vent, comme l'écrit l'Ecclésiaste, qui
avait tout compris. Considérez donc ces photographies
comme des béquilles pour notre mémoire
défaillante. Elles évoquent les vingt dernières
années. Les gamins de «La Guerre des boutons»
sont devenus des grands-pères. C'est bien
connu, il faut que tout change pour que rien ne
change. La lutte des classes est devenue la guerre
des places, mais rien de nouveau sous le soleil.
Tâchez de vivre heureux en Sologne...