La forêt des Ardennes : légendes, coutumes, souvenirs

La Forêt des Ardennes a été publié, initialement, en 1896. C'est le fruit des
recherches et des collectages de l'auteur : en quelque sorte une défense
et illustration du pays ardennais, de ses spécificités réelles et légendaires,
de son passé et de son présent de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle.
« C'est cette chose mystérieuse et troublante, l'Âme d'un pays, qu'on sent frémir
à chaque page, dans la Forêt des Ardennes de M. Albert Meyrac. Le passé
de cette belle région se réveille, et ses héros défilent sous nos yeux enchantés ;
ses tours abattues se redressent au sommet des monts, tandis que les chênes
séculaires, les hêtres gigantesques, tous les grands arbres innommés - sous
lesquels les peuplades antiques croyaient la divinité plus près d'eux - viennent
refleurir magiquement à la place des cheminées d'usines et des poteaux du
télégraphe. Quelle aimable évocation, quel bain de poésie et de rêve ! Après
avoir décrit les Ardennes actuelles, telles que peut les voir le géographe le plus
scrupuleux, l'auteur nous fait pénétrer dans l'Ardenne fabuleuse et fantastique,
dans cette forêt immense qui s'étendait, d'après la légende, des portes de Poitiers
à celles de Constantinople. Et dans le mystère de ces solitudes, il nous montre
tour à tour, comme dans une éblouissante féerie, les Gaulois, les Romains, les
druides aux faucilles d'argent, les évêques aux crosses d'or, les chevaliers aux
rudes cuirasses, les jongleurs aux violes légères, tandis que les follets dansent
au clair de lune, ou que de grands chasseurs blancs courent dans les airs en
faisant, au son d'invisibles cors, de barbares et prodigieuses battues... (extrait
de la Préface de Jean Rameau).