Fêtes et traditions dans le monde luso-hispanophone : mélanges en l'honneur de Nicole Fourtané

Ce volume s'inscrit dans la thématique des emprunts et transferts culturels, retenue,
lors du contrat quadriennal 2008-2012, par l'Équipe d'Accueil Romania (EA, 3465),
domaine «Culture et histoire dans le monde luso-hispanophone». Le thème a été
choisi en consonance avec les préoccupations de la récipiendaire qui s'est intéressée
tout particulièrement à la tradition et à la création dans la littérature orale des Andes
péruviennes, ainsi qu'aux fêtes de village andines comme symbole identitaire. Notre
étude se situe dans le prolongement des ouvrages déjà publiés par le groupe, axés sur la
mémoire. Cet ouvrage participe ainsi au devoir de mémoire. Comme l'écrit Paul Ricoeur,
il répond à la nécessité de «rendre justice, par le souvenir, à un autre que soi». Il réunit
les communications de membres du groupe, tout comme celles de chercheurs d'autres
universités, spécialistes des différentes aires culturelles du monde luso-hispanophone.
La tradition est une mémoire, une conscience collective. Histoire et mémoire sont
intimement liées. Une première réflexion s'articule autour de la mémoire historique :
dans l'Espagne postfranquiste, au Venezuela ou dans le Pérou du premier quart du XX<sup>e</sup>
siècle. Vecteurs d'identité, que celle-ci soit à l'échelle d'un peuple ou individuelle, les
fêtes et les traditions occupent une large place dans la thématique littéraire, comme le
mettent en évidence plusieurs articles qui approfondissent l'oeuvre d'António Serrão de
Castro, de Juan Goytisolo, de Demetrio Aguilera Malta, d'auteurs argentins s'inscrivant
dans le courant de la littérature gauchesque, de Jorge Luis Borges et d'Isabel Allende.
Enfin, comme un autre moyen d'affirmer l'identité, les fêtes et les traditions populaires
perpétuent les us et les coutumes d'un groupe social, tel le sabbat des sorcières dans
l'Espagne des XVI<sup>e</sup> et XVII<sup>e</sup> siècles, les ententes matrimoniales en Pays basque espagnol,
la fête de «l'enterrement de la morue» au Portugal, le culte de María Lionza au Venezuela
ou encore, au Mexique, la représentation des arts et traditions populaires dans l'oeuvre
de Frida Kahlo.