Elle était une fois

Récit
«Au fond de moi, j'ai toujours pensé que j'étais une oeuvre d'art...»,
confesse Marie France. Sa beauté rayonnante - dont Gainsbourg
parla vingt ans durant - et son formidable appétit de vivre ne
tardent pas à faire de cette jeune rapatriée d'Algérie une figure incontournable
des nuits parisiennes. De Montparnasse à Pigalle en
passant par Saint-Germain-des-Prés, Marie France a tout connu de
la fête, de ses plaisirs comme de ses pièges.
De chez Castel à la Coupole, du 7 au Palace, elle séduit et fascine.
Marie France devient une muse, et la complice de tous ceux qui
secouent la France à partir des années 60, de la «bande de la Coupole»
(P. Clémenti, J.-P. Kalfon, B. Ogier, J.-J. Schuhl, J. Eustache...)
aux pères du mouvement punk (Y. Adrien, A. Pacadis, P. Eudeline...)
en passant par les fameuses Gazolines...
Reine de l'Alcazar de Jean-Marie Rivière, son numéro d'évocation
de Marilyn Monroe reçoit une couverture médiatique unanime et
internationale. Marilyn, au-delà d'un rôle fétiche, un double... jusque
dans l'adaptation d' Après la chute d'Arthur Miller.
Une artiste underground aura-t-elle jamais suscité autant d'enthousiasme
de la part de talents reconnus ? Arrieta, Téchiné et Mordillat
la filment, Duras la fait jouer et chanter, le groupe Bijou la produit
et l'assiste musicalement pour l'enregistrement de son premier album,
Mondino signe ses pochettes, les Rita Mitsouko lui composent
une chanson, Marc Almond décide de chanter un duo en français
avec elle... et Pierre & Gilles en font une icône admirée de Tokyo à
Buenos Aires.