Jules Durand : un crime social et judiciaire

La condamnation à mort, en 1910, de Jules Durand pour un crime qu'il n'avait
pas commis mais parce qu'il était, au port du Havre, secrétaire du Syndicat ouvrier
des charbonniers, fut immédiatement considérée comme une «nouvelle Affaire
Dreyfus». Jamais le pouvoir judiciaire et patronal ne s'était abattu avec une telle
force sur un représentant du monde ouvrier. La mobilisation nationale et
internationale en faveur du syndicaliste fut immédiate et massive - grèves,
manifestations, meetings et pétitions. Bien qu'il s'agisse là de la plus grande erreur
judiciaire du XX<sup>e</sup> siècle, qui - hors de son milieu syndical et portuaire - connaît
aujourd'hui le nom de Jules Durand ? Lui qui, ayant sombré dans la «folie», ne
sut jamais qu'il avait été reconnu innocent et mourut à l'asile, au régime des
indigents.
Les recherches consacrées à Jules Durand demeurent rares, seuls existent
quelques textes littéraires ayant maintenu publiquement une certaine mémoire.
Comment expliquer ce silence ? Issus des Premières journées d'étude consacrées
à Jules Durand, en novembre 2013, à l'initiative de l'Université du Havre et des
Amis de Jules Durand, les textes publiés dans ce livre réunissent des chercheurs
de toutes disciplines, ainsi que des juristes, des magistrats et des syndicalistes.
Ils présentent de nouvelles approches de cette «Affaire» et amorcent de
futurs travaux, comme autant de contributions à une véritable et complète
réhabilitation de Jules Durand.