Eglise catholique, Etat et société civile au Cameroun de 1884 à nos jours

Les intellectuels qui fréquentent les universités catholiques reconnaissent volontiers que, dans
ces endroits-là, on bâtit plus souvent des ponts que des murs. Rien de pire, en effet, pour la
fécondité de l'esprit, que de cloisonner les savoirs et les milieux : l'heure est aux « ponts » qui
font se rencontrer les disciplines, pour le profit de chacune d'elles. Il en va de même pour la
société, d'une part, l'Eglise d'autre part, car ces deux milieux ont des richesses à partager.
Depuis plus de XX siècles, l'Eglise porte en elle une sagesse dont les sociétés africaines ont
déjà tiré, - et tireront encore - de grands profits. Mais l'inverse est vrai aussi : les spécialistes
des différentes disciplines peuvent aider l'Eglise à comprendre le monde de telle sorte qu'elle
y exerce sa mission de façon toujours plus pertinente. N'est-ce pas ce double mouvement que
visait le pape Benoît XVI lorsque dans l'Exhortation apostolique Africae Munus (2011), il
invitait les évêques à « soutenir une pastorale de l'intelligence et de la raison qui crée une
habitude de dialogue rationnel et d'analyse critique dans la société et dans l'Église » ?
La tâche est immense, car les sociétés africaines sont encore loin d'avoir exploré toutes les
ressources du message chrétien, tandis que les études critiques fondées sur des analyses
rigoureuses n'ont pas déployé non plus toutes les potentialités dont pourrait bénéficier l'Eglise.
Certes, la tâche nous déborde de toutes parts, mais les Presses de l'Université catholique
d'Afrique centrale veulent y apporter leur contribution : Enjeux d'Eglise .
Cette nouvelle collection est ouverte par ce livre de Jean-Louis Marolleau qui jette un regard
critique sur les relations entre : Eglise catholique - Etat - Société civile au Cameroun.