Christian Sulser : ce monde est déchiffrable

Au mois de septembre 2001, une voix s'éteignait : celle de Christian
Sulser, bien familière des auditeurs de la Radio Suisse Romande. Celle
d'un journaliste qui, jour après jour, sur un ton qui n'appartenait qu'à
lui, les aidait à déchiffrer un monde opaque et compliqué. Honnête
homme, au sens du XVII<sup>e</sup> siècle, ses goûts le conduisaient à l'histoire,
mais aussi à la littérature, à la poésie, à la peinture, à la musique, à la
chanson. Autant d'ingrédients qui lui servaient de grille de lecture,
d'aliment à sa rêverie et à son intelligence des choses.
Des amis lui rendent hommage ici, en revenant, chacun dans son pré
carré, sur l'homme, sur son métier, sur les emballements de ce Suisse
d'ascendance hollandaise, aussi doué pour le théâtre et le discours
improvisé que pour l'analyse de l'actualité. Une seconde partie est
consacrée à un choix de textes - reportages, portraits, carnets de route,
monologues intérieurs - laissés par Sulser, qui gardait toujours une
plume à la main. De ses premiers articles pour la Gazette de Lausanne à
une méditation sur la mort, on le retrouvera, tel qu'il était : impatient
de raconter et de faire comprendre ; érudit et spontané ; enthousiaste et
grave.