Journal de bord d'un négrier

«Ensuite, il s'assied par terre en attendant que les esclaves paraissent pour
faire la palabre, c'est-à-dire l'interprétation du marché. Les hommes captifs sont
traduits attachés aux poignets ainsi que les garçons pour marquer à l'acheteur
que c'est un homme. Les femmes et les filles ne le sont point L'accord obtenu,
on donne au vendeur une note de ce dont on est convenu et il vient le chercher
au magasin quand il lui plaît. Ensuite, on fait apporter du feu où l'on fait chauffer
son estampe et on marque les captifs sur une épaule, on adoucit l'effet du
fer avec de l'huile de palme. Ensuite, on présente encore à boire et on prend
congé pour aller chez un autre, le précédent vous accompagnant jusqu'à la rue.
Voilà toute la cérémonie qui est observée en pareil cas» .
Un récit par lequel nous pouvons entrer directement dans des modes
d'appréhensions du réel, presque dans l'intimité d'un négrier... Car s'il est
bon de savoir une chose, il est toujours intéressant de se la représenter
avec les yeux des contemporains. Sans cela il n'est pas, il ne peut pas être
de vraie histoire.