Le riz

Lahuma et sa femme Jeha sont paysans en Malaisie.
Ils possèdent quelques relongs de terre et, pour subsister,
n'ont qu'une ressource : le riz. C'est le riz qui
ordonne leurs destins, dicte ses exigences, impose
jour après jour les mêmes obsessions. Et lorsque
survient l'accident, lorsque Lahuma est blessé, c'est
au tour de Jeha et des filles aînées, puis des cadettes,
de descendre dans la rizière et d'affronter les sangsues,
les crabes, les oiseaux, jusqu'à l'épuisement,
jusqu'à la récolte.
Pour raconter le prix d'une poignée de riz, Shahnon
Ahmad - qui est né lui aussi en milieu rural - n'a
eu sans doute qu'à observer et se remémorer. Son
livre, en cela, est un précieux témoignage. Mais c'est
d'abord un roman haletant, envoûtant, incantatoire,
qui fait vibrer, sur un rythme de sourate, la force souveraine
des grands cycles de la nature.