Art et argent : les liaisons dangereuses

Si aucun jeune Français ne peut
ignorer le sourire de La Joconde ou le nu du
Déjeuner sur l'herbe de Manet, c'est grâce au
rôle confié aux musées par le ministère de la
Culture : donner à admirer et expliquer les
oeuvres d'art rassemblées dans ces temples
du beau.
Mais aujourd'hui l'Art n'est plus seulement l'expression de la beauté,
il devient le symbole de la puissance d'un État, d'une ville ou de riches
collectionneurs privés.
Cette révolution date de l'ouverture du musée Guggenheim à Bilbao.
Cet événement, la construction d'un musée conçu par un architecte primé
dans une région économiquement sinistrée, est un succès. Depuis, les
politiques font appel à des architectes emblématiques pour concevoir des
musées étendards de leurs ambitions, souvent au détriment des oeuvres
présentées.
Le coût de ces prouesses architecturales laisse les institutions exsangues
pour l'achat d'oeuvres nouvelles, et les collections privées deviennent plus
importantes que celles des musées. François Pinault et Bernard Arnault
sont-ils prêts à jouer les mécènes contre quelques avantages fiscaux ?
Les jeunes artistes, que ces tycoons adulent, bénéficient-ils de cette nouvelle
donne ? Une chose est sûre, sans un vrai partenariat entre le privé et le public,
l'Art contemporain risque de rester confiné dans une bulle élitiste.
L'Art et l'argent, l'architecture et le pouvoir, ces liaisons dangereuses
sont au centre de ce livre où l'on découvre la face cachée de ce monde
feutré et fortuné qui va devoir survivre à la crise financière.