Lumières, n° 20. Penser la peine à l'âge des Lumières

L'image du mouvement intellectuel des Lumières
qui remettrait en cause le droit de punir des siècles
précédents, doit être nuancée. Philosophie et histoire
sont convoquées pour savoir comment on pense la
peine au XVIII<sup>e</sup> siècle. L'histoire de la justice permet de
se pencher sur la diversité des systèmes judiciaires
européens et d'observer l'évolution de leur «rigueur»
dans les discours normatifs et les pratiques pénales.
Quant à l'histoire de la philosophie, revenant
notamment sur Foucault, elle renoncera à présenter la
pensée pénale des Lumières comme indistinctement
humaniste, et ses adversaires comme unanimement
hostiles à des vues utilitaristes. Les questions qui
persistent dans la réflexion pénale contemporaine
- fondements politiques du droit de punir, finalité
rétributive ou dissuasive de la peine, débat sur la
légitimité et l'utilité de la peine de mort -, peuvent
ainsi être revisitées dans leur genèse historique et
conceptuelle.
Montesquieu et Beccaria sont pris ici comme figures
classiques de la philosophie pénale des Lumières,
mais le propos de ce volume est aussi d'ouvrir
le questionnement à des auteurs peu connus en
France, comme Francesco Mario Pagano (1748-1799)
et Gaetano Filangieri (1753-1788), ainsi qu'à
des contextes européens peu balisés, comme les
espaces helvétique et roumain.