Santa Marta poetica ou Dire le politique autrement : explorations ethnographiques en Caraïbe colombienne

Santa Marta Poetica
ou « Dire le politique autrement »
Santa Marta poetica. C'est un peu comme un nom d'espèce botanique ou zoologique. Un nom dont la sonorité résonne dans les ruelles de cette ville fondée au XVI<sup>e</sup> siècle par les Conquistadores du Nouveau Monde. Santa Marta poetica. Espèce rare, au demeurant. Cité souventes fois assiégée, rasée, et toujours re-née de ses cendres. Phénix indomptable, par le temps ou la violence. Santa Marta poetica. Méditation poétique à laquelle invite l'expérience de ce morceau de Caraïbe colombienne. Une méditation qui éclaire, fait entendre, donne à sentir ce réalisme magique propre à la « Costa », celle que dépeint Gabriel García Marquez dans chacun de ses romans.
Il n'est pas admis, en anthropologie « classique », que la description poétique participe de l'exercice scientifique. Or, ici, il s'agit bien de « dire le politique autrement ». N'est-il pas temps, en effet, d'abolir ces barrières, ces frontières arbitraires, toutes ces catégories qui ont, en définitive, pour objectif commun de faire oeuvre sur l'humain ? Écrire en langage poétique permet de transmettre et partager ce que la prose peine à décrire. D'aller au-delà, pour évoquer, suggérer, invoquer, conjurer. La poésie n'a pas de maître mot, elle n'impose pas ses interprétations. À chaque lectrice, lecteur, d'imaginer, traduire, reconstruire la Santa Marta, lointaine ou intime, coutumière ou distante qu'elle ou il choisira.