Histoire de France. Vol. 13. Louis XIV et la révocation de l'Edit de Nantes

«Louis XIV enterre un monde. Comme son palais
de Versailles, il regarde le couchant. Après un court
moment d'espoir (1661-1666), les cinquante ans qui
suivent ont l'effet général du grand parc tristement
doré en octobre et novembre, à la tombée des
feuilles. Les vrais génies d'alors, même en naissant,
ne sont pas jeunes, et, quoi qu'ils fassent, ils souffrent
de l'impuissance générale. La tristesse est partout,
dans les monuments, dans les caractères ; âpre dans
Pascal, dans Colbert, suave en Madame Henriette,
en La Fontaine, Racine et Fénelon. [...]
Cet attribut divin (commun au XVI<sup>e</sup> siècle), à pas
un n'est resté : La Joie ! La joie, le rire des dieux,
comme on l'entendit à la Renaissance, celui des héros,
des grands inventeurs, qui voyaient commencer un
monde, on ne l'entend plus depuis Galilée. Le plus
fort du temps, son puissant comique, Molière, meurt
de mélancolie.»