Tout ce que j'ai perdu m'appartient

Tout ce que j'ai perdu m'appartient

Tout ce que j'ai perdu m'appartient
200793 pagesISBN 9782842735937
Format: BrochéLangue : Français

C'est à cause du vallon. Quand on s'adosse à la maison, on le voit qui

emplit l'horizon, avec sa crinière de blés. Les nuages s'y accrochent et, en

plissant les yeux, le blanc et l'ocre se fondent. Sur la gauche surgissent des

halliers. En cette saison ils sont d'un vert paille, presque jaune, comme

les choses qui vont finir.

Dans le creux du terrain serpente la rivière. La modestie du flux

inciterait plutôt à parler de ruisseau mais les gens tiennent à leur

statut. D'ailleurs, sur le pont de Montreuil, elle porte un nom : la Belle,

À l'automne, grosse des pluies, elle fait parfois l'importante mais les

troupeaux la franchissent sans effort, sans même allonger le pas.

Extrait de «Tout ce que j'ai perdu m'appartient».

Roger Wallet est resté fidèle aux cieux, un peu gris et pluvieux,

de la Picardie, où il a passé le plus «clair» de sa vie. Il y a mené une

double carrière dans l'enseignement et dans l'action culturelle.

L'écriture romanesque est chez lui une vocation assez tardive, abordée

entre quadra et quinqua. Au début des années quatre-vingt-dix,

il découvre l'écriture, dans le parage amical de Jean-Pierre Cannet

(«Gueules d'orage», «Bris de guerre», «La grande faim dans les

arbres», «Little boy»...). Quelques nouvelles plus tard, il publie

son premier roman, Portraits d'automne (Le Dilettante, 1999 ;

Folio, 2002). Son second texte long ( Ce silence entre nous , Denoël,

2000) confirme son goût des univers quotidiens, des vies simples,

des gens «de peu», de ces existences où «le chagrin trouve à s'employer».

Ce premier roman, Portraits d'automne , paru au Dilettante

en 1999 et aujourd'hui en poche (Folio), lui vaut une critique unanimement

élogieuse et un passage à «Apostrophes», l'émission

mythique de Bernard Pivot.

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