Le travail au noir : une fraude parfois vitale ? : une conférence débat de l'association Emmaüs et de Normale Sup', 30 janvier 2008

Le maintien, voire l'augmentation du travail au noir
dans les économies développées sont révélateurs des
dysfonctionnements durables du marché du travail et
des politiques fiscales et sociales. Sans chercher à
unifier le phénomène, Florence Weber distingue les
différentes règles qu'il transgresse. Elle s'attache ensuite
à deux enquêtes ethnographiques significatives, dans
la Bourgogne industrielle des années 1980 et dans
la région parisienne des années 2000. Épouses bénéficiant
des droits sociaux de leur conjoint, femmes seules ou
travailleurs sans papiers enfermés dans des carrières
au noir, sans-abri faisant feu de tout bois, prestataires
de l'aide sociale, professionnels ou bénévoles en quête
de reconnaissance - les stratégies, parfois inévitables,
parfois risquées, mises en oeuvre par les individus sont
très diverses, revêtant une double dimension économique
et morale ; et ceux qui les observent de près sont
confrontés à de véritables dilemmes. Entre la tolérance
bien informée et la réforme des politiques fiscales et sociales,
la solution n'est-elle pas à chercher du côté d'une économie
mondiale qui construirait des droits sociaux au lieu
de s'adonner à une course au profit sans règles ?