Douarnenez : du Ris aux Sables...

Issue d'une île, Douar an Enez, Terre de
l'Ile reste un isolat. Isolat linguistique, la
ville a sécrété sa langue assortie d'un accent
très tonique, le tout si particulier que ne
peuvent l'acquérir et l'utiliser efficacement
que les autochtones nés au nord de Ploaré
et à l'est de Tréboul. Isolat géographique :
les marins ne quittaient Douarnenez que par
la mer, hors le service militaire qui les
conduisait jusqu'à Brest. Peu de rapports,
peu de contacts avec le pays de l'arrière.
D'où l'insolence, la prétention bien ancrées
des gars de Douarnenez, manière bien
connue de se défendre contre ce qu'on ne
connaît pas.
Huit jours de taule pour les bleus débarquant
au "dépôt" de Brest, et plus tard dans
le siècle, encore huit jours de punition,
à genoux à la chapelle, pour les bizuths
arrivant au collège : voilà ce que valait
l'étiquette des "Penn Sardinn" dans le
Finistère, et leur réputation de "termaji".
Rien d'étonnant qu'à ce régime on ait suscité
la fierté insolente des "Seigneurs de la Mer".