Mirabeau, l'homme privé

L'apostrophe lancée en pleine assemblée des Etats Généraux le
23 juin 1789 : «Nous ne quitterons nos places que par la force
des baïonnettes» est restée gravée dans la mémoire universelle,
mais dernière l'illustre tribun, l'homme demeure méconnu malgré
quelque trois cents biographies.
Plutôt que de ponctuer par le détail les abondants événements
qui ont fait la vie de ce noble «réformateur», apôtre de la non
violence, l'intérêt indéniable du présent ouvrage est d'avoir mis en
évidence les fondements de l'inlassable combat mené contre le
pouvoir absolu, dénonçant l'arbitraire et la tyrannie au-delà d'une
simple réaction de l'ordre social établi par un régime générateur
d'une «hideuse banqueroute».
Le combat inégal de Mirabeau a été celui du tiers état contre
les privilégiés, celui de la justice contre l'intérêt de classe
d'une aristocratie qui se voulait au-dessus des lois.
Usé à 42 ans, il en est mort, mais spontanément le peuple ne
s'est pas trompé quant à la portée et la force de son action,
puisque c'est une foule de plus de 300 000 personnes qui suivit
ses obsèques le 4 avril 1791... Aujourd'hui encore, la plupart de
ses visions politiques et sociales demeurent d'une pertinente
actualité.
Georges Fray, avec simplicité et brio, a su retracer les
fondements de la voie moyenne entre Révolution et Monarchie,
que la mort prématurée et brutale de son meneur a fait
abandonner, puis oublier, à l'image de sa dépouille qui fut la
première à prendre place sous les voûtes du Panthéon.... et la
première à en ressortir !