Justice, un extraordinaire gâchis : de la justice vindicative à la justice réhabilitante

«Justice, un extraordinaire gâchis» : cette qualification péjorative de la justice
pénale rend bien compte des médiocres résultats obtenus, tant sur le plan
humanitaire que sur celui des performances dans la lutte contre la criminalité. A la
finalité de la justice vindicative qui vise à punir également ceux qui ont porté
atteinte à la personne ou aux biens de leur prochain, à l'ordre social, doit être
substituée une justice réhabilitante, une pratique judiciaire performante qui aspire
à garantir efficacement la sécurité publique par des mesures répressives ciblées,
associées à des actions préventives soigneusement élaborées, mais aussi à traiter de
façons adaptées toutes les catégories d'asociaux. La sanction judiciaire doit
différencier les délinquants plus ou moins professionnels, dont les motivations sont
essentiellement mercantiles et délibérément assumées, les moins nombreux, qui
relèvent de mesures dissuasives d'emprisonnement dans des conditions
convenables, afin de ne pas amplifier leurs tendances antisociales, des délinquants
mentalement anormaux, dont les comportements déviants sont la conséquence de
leurs anomalies psychiques et qui, dans le cadre d'une sanction judiciaires, doivent
bénéficier d'un traitement visant à améliorer le fonctionnement de leur
personnalité et à les réadapter, au sein d'institutions spécialisées. L'action judiciaire
doit tendre à réconcilier tous les délinquants avec une société ressentie comme
hostile.
Cette politique serait en conformité avec les valeurs d'équité, de solidarité, de
philanthropie, privilégiées dans la tradition de la civilisation française, ou du moins
dans son idéal, qu'il serait peut-être, enfin, temps de réaliser en fondant
l'application de la lutte contre la délinquance sur une véritable compétence et sur
l'empathie envers son prochain qui sont les voies privilégiées pour atteindre la
vraie Justice.