Semé sans compter : appréhension de l'environnement et statut de l'économie en pays totonaque (Sierra de Puebla, Mexique)

Les communautés totonaques de la Sierra de Puebla, dans le centre-est
du Mexique, cultivent le café sous couvert forestier depuis la fin du XIX<sup>e</sup> siècle.
À partir des années 1970, elles bénéficient de l'intervention de l'État mexicain qui
les organise en coopératives de caféiculteurs avant de se retirer précipitamment
à la fin des années 1980. En parallèle, les paysans totonaques n'ont jamais
complètement abandonné la polyculture vivrière autour du maïs ni certains usages
agroforestiers traditionnels en marge de la caféiculture.
Nicolas Ellison a étudié les rapports pratiques et symboliques que les Totonaques
de la Sierra de Puebla entretiennent avec leur environnement dans le contexte
actuel des changements socio-économiques liés au développement et aux aléas
de l'économie mexicaine et mondiale, notamment autour de la production de
café. Il montre comment les dynamiques du développement et de l'économie
de marché sont subordonnées aux normes locales du rapport aux autres et comment
les représentations mésoaméricaines de l'environnement régissent les rapports
pratiques à la nature.
Cette étude s'adresse autant aux anthropologues désireux de comprendre comment
les pratiques économiques et agricoles sont conditionnées par (en même temps
qu'elles régissent) les rapports sociaux et les systèmes de savoir qu'aux socio-économistes
soucieux d'une approche compréhensive des faits économiques, ainsi
qu'à tous les lecteurs critiques du «développementalisme».