Les voix du silence : La lettre écarlate et les récits d'esclaves

Les voix du silence
La Lettre écarlate et les récits d'esclaves
Au plus fort de l'agitation abolitionniste, Hawthorne publie La Lettre écarlate où il manifeste son indifférence à la question de l'esclavage. Celle-ci cependant fait retour dans son texte, au travers des nombreuses métaphores et préoccupations qu'il emprunte plus ou moins directement aux récits d'esclaves qui prolifèrent à l'époque. Le roman se lit alors comme une lettre ouverte aux abolitionnistes dans laquelle, au moment où le débat sur la Fugitive Law fait rage, Hawthorne affirme la nécessité de se soumettre à la loi, aussi injuste soit-elle.
Comment comprendre qu'un roman aussi politiquement incorrect ait pu devenir un classique ? La réponse tient sans doute aux ambiguïtés du plaidoyer de Hawthorne, manifestement fasciné par le personnage d'une femme rebelle qui, par son silence, résiste à la parole que tentent de lui imposer les puritains. Au bout du compte, Hester pourrait bien devenir emblématique de ces narrateurs noirs qui, à l'époque, tentent de se libérer des contraintes discursives que les abolitionnistes font peser sur eux.
Le silence de Hester ne ferait-il pas entendre d'autres voix que celles du conservatisme ?