Le trophée des capitaux

D'éclairs de pensée. Point. Ni même plus d'étonnement.
Si point de rêves. Point de pensées. Plus d'Utopia. C'est
l'avènement de l'esprit fatigué.
Dans un décor de fin du monde, entre le feu et le vent, le
cri et le silence, des jeunes gens, la veille des examens du
baccalauréat, restent immobiles, refusent de jeter ne serait-ce
qu'un seul regard à la ville en feu. Plongés dans leurs livres,
plongés dans la mémoire des aïeux qui ont fait cette ville,
qui ont vécu ce que vit le coeur de cette ville, une perpétuelle
violence, cyclique, transmise de génération en génération, le
feu est habituel, les cris font partie de la vie, ils étudient. Mais
bientôt la grande cohue va les rejoindre, une foule, funeste,
hagarde, ils lèveront les yeux et verront.
Dans un chant ininterrompu, Guy Régis Jr, avec ce roman
sensible, tout de voix et d'échos, fait une peinture hallucinée
de son tiers d'île, où l'homme, entraîné dans une interminable
autodestruction, s'avère être le fossoyeur de ses propres
utopies.