Alcool : dommages sociaux, abus et dépendance

En France, la consommation globale d'alcool a diminué
de près de 40 % en quarante ans. Cela est dû
à une diminution importante de la consommation
de vin, qui reste néanmoins la boisson alcoolique la
plus consommée. Malgré cette diminution, la France est
toujours en tête des pays européens pour la mortalité
prématurée masculine. Par ailleurs, on estime
à cinq millions le nombre de personnes qui ont
un problème avec l'alcool et à deux millions celles qui
en sont dépendantes. Pour la collectivité, il s'agit bien
là d'un lourd problème de santé, que les pouvoirs
publics doivent prendre en charge.
À la demande conjointe de la Mildt, de la Cnamts
et de l'Inpes, l'Inserm a réalisé une première expertise
collective en 2001 qui a donné lieu à l'ouvrage intitulé
"Alcool. Effets sur la santé". Ce nouvel ouvrage présente
les résultats d'une seconde expertise, engagée
à la demande des mêmes partenaires. Il porte sur
les différents contextes d'usage de l'alcool, l'évolution
des modes de consommation, les conséquences
socioéconomiques des consommations excessives, les
déterminants et les traitements de l'alcoolodépendance.
Après une analyse très détaillée de la littérature,
le groupe d'experts a élaboré des recommandations
de prévention et d'éducation à la santé adaptées à l'âge,
au sexe, aux différentes situations (conduite automobile,
travail...) et aussi aux variations inter-individuelles. Il
insiste sur l'importance d'une revalorisation de la prise
en charge des patients alcoolodépendants.
Cette expertise souligne également la nécessité
de développer des travaux en sciences sociales sur
l'évolution des modes de consommation, en
physiopathologie afin de mieux comprendre les
mécanismes de la dépendance et en recherche clinique
pour proposer plus de traitements aux patients.