Marquer la prééminence sociale : actes de la conférence

Signs and States , programme financé par l'ERC (European Research Council), a
pour but ci explorer la sémiologie de l'État du XIII<sup>e</sup> siècle au milieu du XVII<sup>e</sup> siècle.
Textes, performances, images, liturgies, sons et musiques, architectures, structures
spatiales, tout ce qui contribue à la communication des sociétés politiques, tout ce
qu'exprime l'idéel des individus et leur imaginaire, est ici passé au crible dans trois
séries de rencontres dont les actes ont été rassemblés dans une collection, Le pouvoir
symbolique en Occident (1300-1640) .
Ces volumes, adoptant une perspective pluridisciplinaire et comparative dans une
visée de long terme, combinent études de cas, analyses conceptuelles et réflexions
plus théoriques. Et les réponses à ce questionnaire, issu d'une réflexion sur une
histoire culturelle poursuivie sur plus de cinq siècles, remettent en cause une
histoire de l'Occident latin où l'on opposerait Église et État : la mutation culturelle
engendrée par la réforme grégorienne qui, tout en assurant d'abord le triomphe de
la papauté, a donné à l'État moderne les moyens d'assurer sa propre légitimité en
créant les conditions d'une révolution du système de communication. Elle engendre
un partage du pouvoir symbolique et des processus de légitimation avec l'État : la
capacité de ce dernier à se légitimer par le consentement de la société politique en
dehors de la contingence religieuse est une spécificité de l'Occident latin, clé de
l'essor des États modernes européens.