Histoire & sociétés, n° 17. Expériences d'occupations en Europe, 1914-1949

Ce dossier place la focale sur un aspect central de l'histoire
des guerres au XX<sup>e</sup> siècle en tant qu'elles sont le lieu
et le moment d'une «rencontre» particulière entre occupants
et occupés.
Cette rencontre est au coeur de la contribution de Manon
Pignot, qui analyse la réaction des enfants du Nord de la
France à l'occupation allemande pendant la Première
Guerre mondiale. Vejas G. Liulevicius traite pour sa part des
interactions entre occupants et occupés à l'est du continent
européen, où la dimension multiethnique des populations
occupées joue un rôle particulier. La fin de la Grande Guerre
ne met pas fin aux situations d'occupation mais pour ainsi
dire les inverse. D'occupants, les Allemands deviennent
occupés. Sabine Kienitz rend ainsi compte de toute la
gamme des réactions des habitants du Palatinat à l'occupation
française de 1918 à 1930, en montrant notamment
en quoi la violence peut être utilisée comme un mode de
communication. Les violences sont aussi au coeur de la
contribution de Gaël Eismann, qui compare les violences de
l'occupation militaire nazie en France et à l'est du continent.
Riccarda Torriani, enfin, montre que, si les occupants français
et allemands entendent rompre radicalement avec les
pratiques d'occupation des temps de guerre pour, par
l'exemple, «rééduquer» et «démocratiser» les Allemands,
ils puisent en revanche dans leurs propres répertoires
d'action nationaux, issus de leurs expériences respectives
de la colonisation.