Les soldats de la drôle de guerre : septembre 1939-mai 1940

«Drôle de guerre» pour les Français, «guerre assise» pour les
Allemands, «guerre des rumeurs» pour les Anglais : ces huit mois
d'escarmouches terrestres, aériennes et navales ont paradoxalement
été vécus comme un vrai combat pour le moral des troupes.
François Cochet raconte une vie qui devient chaque jour plus difficile.
L'ennui mène son travail de sape, la désobéissance gagne et la chaîne
de commandement s'effrite : c'est la «dépression d'hiver». Jeux de
cartes, alcoolisme deviennent le lot commun. Sur la ligne Maginot,
les soldats attendent.
Cependant, l'industrie de guerre tourne à plein régime, la France
s'arme et les militaires se font ouvriers : ils manient la pelle, la pioche,
coulent parfois du ciment pour construire des fortifications et protéger
la frontière.
L'auteur relate avec finesse une période complexe de la Seconde
Guerre mondiale, loin des stéréotypes qu'en a gardés la mémoire
collective : les Français ne sont pas partis au front à reculons, mais
forts du devoir à accomplir et décidés à en finir une fois pour toutes
avec l'Allemand. La débâcle de 1940 n'était pas inéluctable. François
Cochet s'attache à penser la drôle de guerre comme une période en
soi : la véritable défaite des dirigeants est de n'avoir pas su expliquer
le sens du combat à mener et les moyens envisagés pour vaincre
l'Allemagne nazie.