Danse avec ma mère

Éden Bromberg apprend qu'il lui reste un an à vivre.
Son seul espoir est lié à un mystérieux traitement,
lequel demande de s'enfermer dans une maison de
repos d'un genre particulier : «Le train sifflera trois
fois». Elle y entraîne sa mère, qu'elle ne peut laisser
seule mais qui, à 85 ans, a gardé toute son énergie,
c'est-à-dire toute sa capacité à l'humilier, à la torturer,
à faire de sa vie un enfer. Leur éternel duel peut
reprendre de plus belle. Sauf que peu à peu la réalité
semble dériver.
Où Éden et sa mère se trouvent-elles réellement ? Où
Gussie, le directeur de la maison, mixte de rabbin, de
psy et de travesti, veut-il les emmener ? Entre roman
familial, conte fantastique et farce macabre (quelque
chose comme La Montagne magique racontée par
Woody Allen), Béatrice Shalit nous le fait découvrir
avec une douceur, une tendresse pour ses personnages
qui n'empêchent pas l'ironie, de même qu'à l'heure de
mourir rien n'empêche qu'on se mette à danser avec
sa mère, comme au temps lointain du bonheur.