Travailleurs, vos papiers !

«J'ai dit une fois à un flic : «Moi je paye des impôts, l'État vous
paye, mais vous m'emmerdez. Ça veut dire que vous travaillez
pour moi !» Il a rigolé et a répondu : "C'est les politiques..." On
est sans papiers, mais on est des êtres humains. Enlève ta tenue,
on est tous pareils, mon frère ! T'es au service de l'État, c'est ça
la différence.»
Les grèves des travailleurs sans papiers des dernières années
ont été l'occasion d'un renversement de l'argumentation
dominante. Ni misérables ni profiteurs, les grévistes clament
leur intégration au salariat et révèlent toute la contradiction
de leur situation illégale. Soumis aux formes les plus
brutales de subordination, les sans-papiers développent une
série de tactiques et de résistances dont l'action collective
est le prolongement. À l'heure où les conflits sociaux sont
mis à mal par une précarisation généralisée du salariat,
la lutte de ces «précaires parmi les précaires» peut servir
d'enseignement.