Du printemps arabe... à l'automne islamiste ?

Au coeur de l'équilibre géopolitique entre le monde oriental et le
monde occidental, les révolutions démocratiques du monde arabe,
qui éclatent à Tunis en 2010, s'inspirent de soulèvements survenus
quelques années plus tôt (1990) dans les pays clés du grand
Moyen-Orient (Afghanistan, Irak, Liban, Iran). Appréhendés dans
leur globalité, ils constituent les maillons d'une même chaîne.
Au terme d'un lent processus de maturation historique qui oppose depuis de longues
décennies jeunes révolutionnaires et sociétés civiles aux régimes autoritaires et
oppressifs, les islamistes, dotés de forces plus organisées, ont détourné le Printemps
arabe et se sont emparés du pouvoir en Tunisie, en Libye, en Égypte avant la révolution
populaire de juin 2013, partiellement au Yémen, tandis que le sort de la Syrie se
joue encore. Cependant les progressistes, démocrates laïcs, intellectuels, femmes
et minorités, n'ont pas totalement abdiqué, et ont entamé une résistance politique.
De l'Afghanistan à l'Irak, du Liban à la Syrie, de l'Iran au Soudan, du Maghreb à
l'Égypte et à la péninsule Arabique, la confrontation entre forces fondamentalistes
et forces démocratiques rend déterminant le rôle de l'Occident, dont l'intervention
peut faire basculer cette zone cruciale dans le camp des laïcs et des libéraux ou
l'abandonner à des islamistes prêts à établir une force régionale radicale.
Ce livre apporte un éclairage essentiel sur l'enjeu des alliances et invite les Occidentaux
(Américains et Européens) à une prise de conscience collective, seule susceptible
de les mettre en garde contre les dangers d'un basculement qui pourrait affecter, à
plus ou moins long terme, l'équilibre global du monde occidental. Reste à savoir quel
en sera le prix à payer.