La légende du roi Arthur (550-1250)

Le roi Arthur est au coeur d'une des légendes les plus
populaires de l'Occident, une source inépuisable d'inspiration
pour écrivains, artistes et cinéastes. Mais on se pose
encore de nombreuses questions sur son identité. Arthur fut-il
un chef de guerre celte combattant, vers 600, les envahisseurs
anglo-saxons de la Grande-Bretagne ou bien une
divinité païenne, assimilée pour sa force colossale à l'ours ?
Les historiens peinent à répondre. Ce n'est, en effet, qu'à partir
du IX<sup>e</sup> siècle qu'Arthur devient un personnage «historique»,
le paladin de la résistance des Celtes de Grande-Bretagne
contre les Germains venus du continent. Trois siècles plus
tard, il incarne le conquérant du nord de l'Europe. On le dit
disparu dans l'île mystérieuse d'Avalon où des fées aimantes
pansent ses blessures. Dès lors, la légende prend son
essor : Chrétien de Troyes entre autres romanciers s'en
empare ; Merlin et les chevaliers de la Table Ronde y occupent
les premiers rôles.
Martin Aurell, en revisitant la légende arthurienne,
explore le terreau social où elle naît et se développe.
Chemin faisant, il s'intéresse aux auteurs des récits, à leurs
mécènes, comme aux bardes, jongleurs et autres interprètes
qui la diffusent. Croisant fiction et réalité, il analyse en
historien de l'idéologie et de la propagande politique l'instrumentalisation
d'un récit imaginaire pourtant bien ancré
dans la plus réelle des histoires. Une oeuvre magistrale.