Sexe au pouvoir, pouvoirs du sexe : les verts galants dans l'histoire

L'approche historique des sexualités
a été fortement renouvelée
depuis quelques années. Le
colloque de Nérac (tenu le 30 octobre
2013), consacré aux relations entre
le sexe et le pouvoir, s'inscrit dans
ce contexte. Les auteurs ont voulu
analyser l'influence du sexe sur la
conduite de nos gouvernants, d'hier
et d'aujourd'hui.
Certains ont été obsédés par le sexe
féminin. Le plus célèbre d'entre eux,
Henri IV, référence obligée à Nérac, a
cependant eu des précédents - figures
mythologiques ou personnages réels,
tel Charles VII. Le «bon roi» a également
eu, en la matière, des successeurs,
de Napoléon I<sup>er</sup> aux présidents,
ministres et autres puissants qui nous
dirigent. Leurs prestations sont restées
dans l'Histoire au point d'intéresser
le cinéma, les passions sexuelles des
Verts galants formant, il est vrai, une
matière idéale pour les cinéastes.
Mais le sexe peut aussi être
confronté au pouvoir. Dès le Moyen
Âge, sous l'influence de l'Église, les
Autorités se méfient de la sexualité.
Au XVII<sup>e</sup> siècle, les libertins doivent
combattre l'austérité chrétienne et le
rigorisme tant laïc que religieux. Bien
que la sexualité soit revendiquée par
les médecins des Lumières comme une
manifestation de liberté, la réputation
du Vert galant devient plus sulfureuse
et, au XIX<sup>e</sup> siècle, sous l'influence des
sociétés de morale qui se multiplient,
la société bourgeoise exige un sévère
contrôle de la sexualité. Pour autant,
même au front, le sexe continue
d'exercer son pouvoir sur les combattants,
la correspondance épistolaire de
soldats de la Grande Guerre montrant
la vigueur des désirs sexuels.
En quoi le sexe est-il une question
de pouvoir ? C'est à cette question que
les auteurs (dans le cadre des agoras
de l'APHG, en partenariat avec les
AVN) ont tenté de répondre.