Césaire et Senghor, un pont sur l'Atlantique

«Senghor, inaugure son rôle de promoteur des Lettres africaines, avec un coup d'éclat: c'est en 1948 la publication de l'Anthologie de la Nouvelle poésie nègre et malgache , avec la célèbre préface de Sartre, Orphée Noir , qui présentait les poètes de la Négritude. Il devint président du Sénégal et donna sa mesure en tant que mécène des Lettres africaines...
Césaire , Moi Laminaire , s'est confié, livré sur sa poésie, sur la valence des mots, vecteurs de forces inaccessibles à lui par d'autres voies, périodes de bonheur où le poète voltige dans une jonglerie verbale dont il a le secret, et qui fait songer à Nietzsche, à son apologie de la danse... Mais cet état de grâce n'est pas permanent, tant s'en faut et souvent, le poète se heurte à l'incapacité d'un dire . Les mots le trahissent et sont des grands fagots de mots qui s'écroulent dans un coin . Ils évoquent les fantômes, conjurent ses monstres et lui rendent l'oxygène dont les miasmes quotidiens le privent.»