Nos belles leçons de choses

Comment rendre attrayante une nomenclature aride de notions fondamentales
où l'anatomie, la botanique, la chimie, la géologie, la physique,
se bousculent au portillon des jeunes esprits plus ouverts au rêve qu'aux
déductions cartésiennes ?
Il suffit de feuilleter les vieux manuels de Leçons de choses pour mesurer
combien les programmes officiels de 1945 en vigueur jusqu'aux années
60 étaient soucieux de rendre captivants tout ce qu'il n'est pas permis
d'ignorer du monde qui nous entoure. Les éditeurs scolaires ont rivalisé de
jolies planches colorées, de dessins éloquents et de rubriques promptes à
la démonstration pour susciter l'envie d'apprendre.
Quelques décennies plus tard, ces planches au charme désuet nous
ramènent sur les bancs de l'école de Jules Ferry. Au temps des tableaux
noirs et de la poussière de craie, des blouses grises et des bonnets d'âne,
elles ne se contentent pas d'être agréables à regarder et instructives sur
des notions oubliées, elles témoignent d'une époque où la vie semblait
plus simple et douce.