Commandant Si Lakhdhar Bouchema 1931-1960 : Armée de libération nationale (Wilaya IV-Algérie)

Dès 1957, Si Lakhdhar Bouchema, alors jeune lieutenant, nous
disait que le temps des armes était terminé et qu'il fallait passer au
dialogue, afin d'arrêter au plus vite les massacres : «Les meilleurs
d'entre nous sont déjà tombés au combat !», nous disait Si Lakhdhar.
Quand, en 1959-1960, le général de Gaulle a parlé de «la paix
des braves». Si Lakhdhar, comme la grande majorité des
«jounoud» de l'Armée de Libération Nationale (A.L.N.), ces termes
«Paix des braves», il les a reçus comme une insulte.
Lorsque le général de Gaulle a lancé l'idée d'une
«autodétermination», la réaction fut tout autre. Il fallait tout faire
afin de savoir ce que le chef de l'État français entendait par
«autodétermination». Serait-ce un premier pas vers l'indépendance,
ou alors cette formule cacherait-elle un nouveau piège ? Il fallait tout
faire pour voir clair et essayer d'avancer vers la Paix.
Ainsi des officiers de l'état-major de la Wilaya IV allaient-ils
risquer leur vie pour construire une paix véritable dans
l'indépendance de leur patrie.
Ainsi le capitaine Si Abd-el-Latif, les commandants Si Halim. Si
Lakhdhar. Si Mohammed et le colonel Si Salah chercheront-ils à
connaître la pensée du général de Gaulle. Trois d'entre eux. Si Salah.
Si Lakhdhar et Si Mohammed iront le rencontrer à Pans.
À leur retour, ils seront exécutés par des militaristes sans
formation politique. Le colonel Si Salah, à cause de son grade et en
tant que responsable de toute la Wilaya IV, sera envoyé à Tunis, en
principe pour être jugé par le GPRA, en réalité pour être protégé par
ses amis du massacre déjà commencé en Wilaya IV. En chemin, il
mourra au combat.